mardi, juin 28, 2005

L’ Iran, l’ Islam ……. Et les « élections »


Ce samedi 25 Juin 2005 avaient lieu sous le regard plus ou moins attentif des médias du monde entier des élections présidentielles en Iran. Pour la première fois, on eut droit à un deuxième tour opposant le « modéré » Rafsanjani à l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad. Mais dans la réalité, tout ceci ne constitue qu’une vaste farce sur laquelle je reviendrais un peu plus tard.

L’Iran appartient à ces pays qui n’ont jamais connu la démocratie de leur existence. Pendant des siècles, au fil de l’histoire et des invasions, les dynasties et les empires se succèdent : Kassites, Mèdes, Achéménides, Séleucides, le Califat, invasion des Seldjoukides et des Mongols, puis plusieurs dynasties : Ilkhanians, Timourides, Safavides, Afchars, Zands et Qajars à l’orée du XXieme siècle. Comme on peut le voir, son instabilité politique ne date pas d’aujourd’hui.
Le siècle qui vient de s’écouler n’est pas en reste. En 1906, la Révolution Constitutionnelle établit une monarchie constitutionnelle toujours dirigée par les Qajars. On découvre du pétrole en 1908. En 1925 Reza Khan, alors premier ministre organise un coup d’ état, s’autoproclame Chah (ou Shah) et fonde la dynastie Pahlavi. Durant son règne, il organise la modernisation du pays en bâtissant des universités, des Chemins de fer ; on observe un début d’industrialisation. Compromis avec les nazis, Reza est obligé d’abdiquer en faveur de son fils Mohammad Reza Chah Pahlavi en 1941. Suite à un désaccord sur la gestion du pétrole et des problèmes institutionnels, le Shah est renversé par son premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh (fortement anti-britannique ) et doit s’exiler quelques jours avant de revenir au pouvoir aidé par la CIA et le MI6.


Il instaure alors un régime autoritaire, supprime le multipartisme, et combat les religieux musulmans . D’un autre côté, il s’attaque à l’élite aristocratique en redistribuant des terrains à 4 millions de fermiers, de mesures sont prises : droit de vote des femmes, alphabétisation.. C’est ce qu’on appelle la Révolution Blanche. L’Iran devient alors un pays prospère grâce à la manne pétrolière. A l’exil de l’Ayatollah Khomeyni, ecclésiastique chiite en Irak, des émeutes éclatent et sont sévèrement réprimées par la Savak. En 1978, Jimmy Carter, alors président des USA demande au Shah de libéraliser son pays. C’est le moment où les libéraux comme Chapour Baktiar sont appelés pour sauver le régime. La même année, l’Irak expulse Khomeyni qui trouve refuge en France. L’Ayatollah dispose ainsi des médias occidentaux pour rallier à lui les diverses oppositions au Shah. Ainsi le 16 Janvier 1979, Mohammad Reza Chah Pahlavi quitte le pouvoir pour laisser la place le 11 février à Khomeyni.


Un référendum est organisé et on instaure la République Islamique le 1er avril. Outre la date, le score de 98% pour le « oui » laisse planer des doutes sur la régularité de ce vote. Les fondamentalistes instituent la loi islamique, réduisent à néant les progrès sur les droits de la femme, continuent la censure, imposent le culte du chef. La torture et les abus aux Droits de l’Homme deviennent monnaie courante. On se rappelle de la crise des otages américains qui devait durer 444 jours et se solder par un échec de l’opération de sauvetage par les troupes US. La guerre Iran-Irak sur fond de crise pétrolière soudera le peuple iranien autour de son leader charismatique jusqu’en 1987. A la mort de Khomeyni en 1989, l’ Ayatollah Ali Hoseini- Khamenei est désigné comme Guide de la Révolution. Depuis le pays n’a que peu bougé de sa torpeur nazislamiste sous les présidences de Rafsandjani et Khatami.

Le système politique de la République Islamique d’Iran se base sur la loi coranique. Le Guide Suprême supervise le pays. Le pouvoir exécutif appartient au président de la République, chef d’un gouvernement composé de 20 ministres. Le Parlement composé de 290 députés élus pour 4 ans sous le contrôle du Conseil des Gardiens de la Constitution (qui peuvent repousser un candidat) exerce le pouvoir législatif. Cependant, le Conseil des Gardiens de la Constitution pouvant s’opposer aux lois, le pouvoir du Parlement se trouve fortement réduit.
Le Conseil de Discernement composé des 3 chefs du pouvoir des 6 clercs du Conseil des Gardiens et de 25 membres désignés par le Guide a pour tâche de ratifier les lois. Le Président de la République dont la candidature doit être approuvée par le Conseil des Gardiens de la Révolution (6 mollah et 6 juristes nommés par le Guide Suprême) est élu pour 4 ans avec deux mandats successifs possibles.

Pour cette partie je tiens à remercier jurispolis dont le site me fut d’une grande aide : http://www.jurispolis.com/dt/mat/dt_ir.htm

Le droit iranien se fonde sur le droit musulman, la Constitution de 1979, les us et coutumes, les principe révolutionnaires et les lois votées par le Parlement (autrement dit indirectement promulguées par le Guide Suprême)

Voici quelques extraits que j’ai sélectionnés dans la Constitution de la République Islamique d’Iran :

Premier principe :
Le gouvernement de l’Iran est une République Islamique que le peuple iranien, sur la base de sa foi séculaire dans le règne du droit et de la justice du Coran, a adopté à la suite de sa révolution victorieuse sous la direction de la Haute Autorité Spirituelle du Grand Ayatollah Imam Khomeiny lors du référendum du dix et du onze Farvardine mille trois cent cinquante-huit de l’Hégire solaire, correspondant au premier et au deux Djamadi Al-oula de l’année mille trois cent quatre-vingt-dix-neuf de l’Hégire lunaire (30 et 31 mars 1979), à une majorité de 98,2% de l’ensemble des personnes ayant le droit de vote.

Deuxième Principe
La République Islamique est un système basé sur la foi en :
1 - Un Dieu unique (« Il n’y a de dieu que Dieu »), l’exclusivité de sa souveraineté, son pouvoir exclusif de légiférer et la nécessité de se soumettre à ses commandements.
2 - La Révélation divine et son rôle fondamental dans l’énonciation des Lois.
3 - La Résurrection et son rôle constructif dans la marche évolutive de l’être humain vers Dieu.
4 - La Justice de Dieu dans la Création et dans ses commandements.
5 - l’Imamat, sa direction permanente et son rôle fondamental dans la poursuite de la Révolution de l’Islam.
6 - la Dignité, la valeur suprême de l’être humain et sa liberté empreinte de sa responsabilité envers Dieu, qui, par le moyen :
a) de l’effort constant des "Faghih" réunissant toutes les conditions requises, conformément au Livre et à la tradition des Immaculés (Que la paix de Dieu soit avec eux),
b) de l’utilisation des sciences et des techniques et des expériences développées de l’humanité, et des efforts en vue dus faire progresser,
c) du rejet de toute forme d’oppression et de soumission à l’oppression, de domination et de sujétion,
assure l’équité, la justice et l’indépendance politique, économique, sociale et culturelle ainsi que la solidarité nationale.

Quatrième Principe
L’ensemble des Lois et règlements civils, pénaux, financiers, économiques, administratifs, culturels, militaires, politiques et autres doit être basé sur les préceptes islamiques. Ce principe prime sur le caractère général et absolu de tous les principes de la Loi constitutionnelle et des autres Lois et règlements, l’appréciation de cette prescription incombe aux jurisconsultes religieux du Conseil des Gardiens.

Dixième Principe
Dès lors que la famille est l’unité de base de la société islamique, tous les Lois et règlements ainsi que les planifications la concernant, doivent être élaborés en vue de faciliter l’organisation de la famille, de veiller à sa pureté et à l’affermissement des liens familiaux, sur la base du droit et de la morale islamique.

Treizième Principe
Les Iraniens zoroastriens, juifs et chrétiens sont reconnus comme les seules minorités religieuses qui, dans les limites de la Loi, sont libres d’accomplir leurs rites religieux et, quant au statut personnel et à l’éducation religieuse, agissent en conformité avec leur liturgie.


Cinquante-sixième Principe
La souveraineté absolue sur le monde et sur l’homme est celle de Dieu et c’est Lui qui a rendu l’homme maître de son destin social. Nul ne peut priver l’homme de ce droit divin ou le mettre au service des intérêts d’un individu ou d’un groupe particulier, et la Nation exerce ce droit accordé par Dieu, par les moyens énoncés dans les principes suivants

Soixante et unième Principe
Le pouvoir judiciaire est exercé par les tribunaux judiciaires qui doivent être constitués selon les préceptes islamiques et veiller au règlement des litiges, à la protection des droits publics, au développement et à l’application de la justice et au respect des ordres divins.

Cent soixante-quinzième Principe
Au sein de la Radio et Télévision de la République Islamique d’Iran, la liberté d’expression et la diffusion des idées doivent être assurées dans le respect des préceptes islamiques et des intérêts du pays.
La nomination et la révocation du Président de la "Radio-Télévision de la République Islamique d’Iran" incombent au Guide, et un conseil composé des représentants du Président de la République, du Chef du pouvoir judiciaire et de l’Assemblée Consultative Islamique (chacun deux personnes) exercera un contrôle sur cette Organisation.
La loi détermine la ligne de conduite, le mode de gestion de l’Organisation et le contrôle exercé sur elle.


C’est déjà effarant.

Pendant des siècles, la Charria a été plus ou moins appliquée en Iran à travers les ouvrages des docteurs en droit musulman appelés fiqh. La Révolution Constitutionnelle a essayé de réduire le rôle de l’Islam dans la loi et ouvre la porte au droit occidental. Après la Révolution de 1979, la Charria revient dans le droit pénal (alors qu’elle n’avait été appliquée réellement que dans le droit civil). Je ne vous ferais pas de commentaire sur la charria, juste vous rappeler qu’il s’agit là d’un des systèmes les plus primitifs et les plus liberticides qui existent dans le monde : port du hijab, lois portant sur la sexualité de citoyens et encore plus celle des citoyennes…..

Quelques faits qui sont arrivés ces derniers mois en Iran :
AFP, Téhéran, 27 avril 2005- Le commandant de la police de la province de Téhéran, le général Reza Zareïe, a annoncé une nouvelle campagne contre celles qui se prennent pour des "mannequins", a rapporté mercredi la presse iranienne.

AFP, Téhéran, 12 juin 2005 - La police iranienne est intervenue vigoureusement dimanche après-midi dans un rassemblement interdit de femmes à Téhéran et a arrêté au moins deux d'entre elles, ont constaté des journalistes de l'AFP.
20 minutes, 15 juin 2005 - Le Conseil des gardiens de la révolution iranienne a finalement dit « non ». Non à l’assouplissement de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pourtant approuvé le 12 avril par 127 des 217 députés siégeant au Parlement. Organe ultraconservateur, le Conseil a donc une fois de plus, le 9 mai, opposé son veto aux avancées proposées par le Parlement.
Iran Focus, Téhéran, 24 juin 2005 - Lors de la visite de Mohammad Khatami ce matin au QG de l’élection du ministère de l’Intérieur à Téhéran, la protection rapprochée du président sortant et les agents de sécurité de ministère de l’intérieur ont pris à partie des journalistes qui voulaient couvrir l’événement et les ont copieusement tabassés.
Iran Focus, Téhéran, 23 juin 2005– Un tribunal de la ville sainte de Qom a condamné un journaliste à 91 jours de prison pour avoir insulté le président sortant et le chef du Conseil de discernement des intérêts de l’Etat, a rapporté une agence de presse officielle iranienne.
Iran Focus, Téhéran, 8 juin 2005 - Dans le domaine des châtiments cruels et inhumains, la théocratie au pouvoir en Iran bat tous les records. Amputations, fouet, humiliations, lapidation et défénestration. Cette fois, il s’agit d’arracher les yeux. Ce n’est pas du tout exceptionnel.

Iran Focus, Téhéran, 7 juin 2005 – Un groupe d’Iraniens a été condamné à de lourdes peines, allant de la mort à l’amputation, en passant par le fouet et la prison. Ils sont accusés de vol à main armée, selon le journal Kayhan publié hier.
Iran Focus, Téhéran, 4 juin 2005 – Mojtaba Sami’i Nejad, auteur du blog « Moi non plus » a été condamné à deux ans de prison par la 13e chambre de tribunal révolutionnaire, accusé d’insulte au guide suprême
Iran Focus, Téhéran, 18 mai 2005– Un tribunal de Téhéran a condamné une jeune femme à une double peine de mort, la pendaison pour l’homicide de son voisin et la lapidation pour adultère, rapporte la presse iranienne, notamment le journal Etemad, aujourd’hui.

Tout ceci se passe de commentaires sur la situation iranienne.


Je reviens donc sur ce qui s’est passé ces derniers jours pour les présidentielles iraniennes.
La campagne fut d’une nullité affligeante, donnant lieu à une surenchère démagogique où les candidats s’affrontent à coup de slogans (par exemple « éradication de la pauvreté » ) qu’ on retrouve dans tous les discours. Les programmes sont mis de côté, seul les voix comptent et pour cela on est prêt à tout.
Nous avons pu assister à une véritable mascarade qui n’a d’ailleurs dupé personne (et là je dois avouer que je suis plutôt heureux de la réaction des médias occidentaux). Les candidats à la présidentielle devaient, comme je l’ai écrit plus haut, recevoir l’accréditation du Conseil des Gardiens de la Révolution, un filtre pour empêcher toute candidature potentiellement réformatrice aux ordres du Guide Suprême. Si 1008 candidats ont échoué, 8 ont passé cette épreuve avec plus ou moins de facilité (plutôt moins pour les réformateurs Moïn et Alizadeh) : 3 conservateurs (Qalibaf, Larijani, Ahmadinejad), 2 conservateurs « pragmatiques » (Rafsandjani, Rezaei) et 3 réformateurs (Alizadeh, Karroubi, Moïn).
Ghalibaf, après avoir servi dans l’Armée pendant la guerre Iran-Irak, a commandé les forces de l’ordre où on a pu voir son talent dans la répression des médias et des intellectuels.

Pour attirer des voix, il a essayé d’ adopter la campagne de Tony Blair outre-Manche. Ali Ardeshir Laridjani était considéré comme le favori des groupes ultra-conservateurs grâce à son travail de propagande à la tête de la radio et de la télévision de la République Islamique. Ahmadinejad fut le maire de Téhéran. Rafsandjani avait l’habitude des présidentielles puisqu’il a déjà été élu par deux fois. Homme avisé, il prônait une certaine ouverture à l’Occident même si ses précédents mandats se sont avérés des échecs par la faute de conservateurs. Rezaie ancien commandant du Corps des Gardiens de la Révolution a finalement abandonné. Alizadeh, ancien vice-président et chargé de la Fédération des Sports Amateurs, et Karroubi, président du Parlement réformiste ne jouissaient pas d’une notorieté suffisante. Mostapha Moïn était, quant à lui, l’ancien ministre de l’Education.
D’après plusieurs journaux que j’ai lu sur la toile ou sur le papier (par exemple tsr.ch ou Courrier International), il ressortait que les candidats les plus sérieux étaient Rafsandjani, Larijani, Ghalibaf, et Moïn.
Or, au premier tour, qui arriva en tête ??Rafsandjani et…Ahmadinejad. On peut déjà être surpris mais après tout, les dernières présidentielles en France ont aussi été pleines de surprises. Les électeurs avaient donc le choix entre des petites pierres et des grosses pierres pour la lapidation des femmes, entre une petite et une grosse bombe atomique, entre couper la main et un bras aux voleurs, entre la prison et la mort pour les dissidents… Notons aussi que Karroubi a devancé Moïn contre tous les pronostics.
Hélas, les résultats du second tour tombés samedi soir ont été un choc : les nazislamistes avaient remporté la victoire.


Déjà des voix s’élèvent pour dénoncer un bourrage des urnes par les ultras. Moïn et son équipe parlent d’une somme de 15.5 millions de dollars destinée à faire « sortir un candidat de l’urne ».Rafsandjani pointe du doigt le Conseil des Gardiens.
Nous sommes donc face à une crise grave en Iran : les nazislamistes au pouvoir ont déjà rejeté toute volonté de négociation sur le nucléaire et tous liens avec les USA.
Il est plus que temps que l'Occident agisse pour montrer que nous ne sommes pas dupes des mensonges des mollahs et que nous sommes à l’écoute de la détresse des Iraniens trahis par leurs maîtres encore une fois.




Simon Aubert

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samedi, juin 18, 2005

Ce vendredi 10 Juin 2005 avait lieu un débat organisé par des élèves de l’ICAM (Institut Catholique des Arts et Métiers) à Toulouse. Il s’agissait de traiter la problématique suivante : « Quelles stratégies les entreprises françaises peuvent-elles
adopter pour vivre la mondialisation ? » . Cinq intervenants devaient participer : Jacques De Guenin, Mr Chassint, Mr Geoffroy, Mme Azam, Mr Taghizad.
Gaël Monin, étudiant à l’IST (la branche formation en alternance de l’ICAM), et iniateur du projet, proche de Liberté Chérie, avait informé Claire et Michel Sauer, responsables du comité Toulouse, qui m’ont tenu au courant par mail. Le sujet m’a plu et la perspective de rencontrer enfin des membres de LC et Mr de Guenin dont j’avais entendu beaucoup de bien me décidèrent.
Je mis ma plus belle chemise- c’est-à-dire la seule que j’avais- et me dirigeai vers l’avenue de Grande-Bretagne avec la précieuse aide de mon plan Mappy (une remarque au passage, il serait souhaitable qu’il indique le nom de toutes les rues et pas seulement « prendre à gauche » ou « prendre à droite », ça m’aurait évité quelques petits soucis). Je suis arrivé avec un quart d’heure d’avance dans une ICAM déserte. Dans la salle immense préposée à la table ronde, il n’y avait que des étudiants en costume trois-pièces et cravate (là je me suis dis que je déparais un peu avec mon jean, ma chemise Billabong et mes Vans) plus une personne que je reconnus comme étant Jacques de Guenin. Un des étudiants m’accueillit, voyant mon hésitation. Par chance, c’était Gaël Monin, très sympa d’ailleurs. Après avoir un peu discuté, il repartit vaquer à ses occupations : l’organisation, la logistique. Pour un peu, on se serait cru à une Grande messe de Total ou de l’UMP : salle de projection avec écran géant, sonorisation digne d’un cinéma, des PC portables en-veux-tu-en-voilà… Je vis arriver Messieurs Chassint et Geoffroy.A 17H30, heure à laquelle le débat devait commencer, il manquait deux intervenants. J’en ai profité pour faire la connaissance des trois membres de LC présents. Un quart d’heure plus tard, Mme Azam arriva enfin selon sa conception personnelle de la ponctualité. Un des jeunes organsateurs nous fit part de l’absence de Mr Taghizad.
La table ronde pouvait donc commencer avec une interview d’une sommité (dont je n’ai retenu ni le nom ni la fonction) à propos du textile chinois qui permit de mettre en place la problématique. Les règles du jeu furent fixées par l’animateur du débat : temps de parole limité, ne pas couper, questions du public à la fin.. Il fut demandé aux participants de se présenter, d’expliquer leurs expérience professionnelles. Monsieur Goeffroy est le PDG de Lim-France, travaille pour plusieurs sociétés dans des activités diverses. Il est aussi l’ancien président de l’ICAM. Il m’a semblé à première vue assez sympathique, un peu sarcastique sur les bords. Monsieur Chassint, un autodidacte, est entré dans la vie à 14 ans comme carrossier ; il est aujourd’ui le gérant de SCPC Chassint Peinture, une entreprise de peintre our matéiel de haute-technologie (entre autres pour l’aéronautique) et le trésorier de Mecanic Vallee, un groupe de réflexion réunissant des responsable de l’industrie mécanique de la région, sympathique très « patron sorti de la France d’en bas, resté proche du peuple ». Mme Azam, quant à elle, est vice-présidente du comité scientifique d’ATTAC (Association pour la Taxation des Transactions et l’Aide Citoyenne), maître de conférence en économie à l’Université du Mirail (Toulouse). Si le comité scientifique est composé d’économistes et de sociologues (le président, je crois, enseigne la sociologie), je me demande où ils mettent leurs spécialistes des OGM ou de la pollution. En tout cas, elle correspondait à l’image que je m’en faisais : sûre d’elle, un peu méprisante, pincée, hautaine.. Jacques De Guenin, enfin, ingénieur des Mines, a travaillé chez le pétrolier Exxon et PSA (Peugeot-Citroen). Il est aussi engagé dans le milieu libéral, maire et député Démocratie Libérale des Landes, président du Cercle Frédéric Bastiat et rédacteur de nombreux articles et ouvrages. Je m’étais préalablement renseigné sur lui et je n’ai pas été déçu : il est de ces gens qui forcent la sympathie, l’admiration et le respect sans pour autant se prendre au sérieux et sans manquer d’une touche d’humour.
On aborda ensuite le délicat problème des délocalisations où l’on put juger de l’expérience des deux dirigeants d’entreprise présents. Monsieur Geoffroy a reconnu avoir délocalisé en Chine, au Maroc et dans d’autres pays, en rajoutant d’ailleurs qu’il s’était investi dans des actions plus « solidaires », « citoyennes » en soutenant des projets de création d’entreprise et des micro-crédits. Monsieur Chassint, quant à lui, a appliqué une autre stratégie : le maintien des emplois en France en se focalisant sur des niches du marché grâce à la haute-technologie dont nous disposons. C’est l’idée que tente de promouvoir son groupe de réflexion. Ayant visité les pays d’Europe de l’Est, in ne prévoit pas pour l’instant de délocaliser : ce ne sera que l’ultime solution pour sauver son entreprise. Evidemment l’ATTACante a essayé de montrer sans convaincre personne le sort funeste des populations qui allaient être employées (tiens, en France, on se bat pour créer des emplois et là-bas ce serait désastreux ?? étrange). De Guenin lui rappela qu’au contraire cela allait de paire avec l’emploi, la richesse, la fin de la précarité et la transmission du savoir. Il va sans dire qu’il m’a paru plus convaincant mais je ne saurais affirmer si tel a été le cas pour l’ensemble du public.
La suite de la discussion devint un peu plus floue. Monsieur Geoffroy insista qu’il fallait « remettre les français au travail », Chassint sur la pauvreté du Tiers-Monde et sur son amour de la Mère Patrie. Madam Azam nous sortit l’habituel discours alter-mondialiste prônant l’ « économie sociale et solidaire » (comprenez ultra-taxée) et dénonçant la paupérisation du Tiers-monde due, bien entendu, à un soit-disant néolibéralisme, citant au passage une étude du FMI ou de la Banque Mondiale. Ce fut un geste maladroit et les cinq militants de LC que nous étions (Claire Sauer étant arrivée entre-temps) attendaient la réponse de De Guenin. Elle fut cinglante : « Madame, nous n’avons pas du lire le même rapport car celui que vous citez classait les pays en fonction de leur participation dans le commerce mondiale. Ce sont ceux qui participent le moins qui se sont appauvris ». J’avoue avoir esquissé un sourire radieux à la vue de l’ATTACante déconfite. Il en profité pour critiquer d’autres maux français : le taux d’imposition en prenant un exemple concret (un patron qui paye 1400€ un employé qui ne touche que 940€) et la lourdeur du Code du Travail ( il a sortit de son sac l’intégrale des texte légaux à connaître et les a empilé aux grand rire du publique- voilà un combat facile à remporter pour nous je crois).
On aborda alors le sujet de la Recherche. Geoffroy vitupérant les chercheurs français qui quittent leurs pays « simplement pour de l’argent » (là, il m’a semblé surtout défendre ses intérêts en fait). Chassint me parut plus intéressant en mettant en avant des complexes types Silicon Valley ou Sophia-Antipolis qui permettront selon lui d’offrir aux chercheurs ce qu’ils souhaitent et un cadre de vie agréable même si le salaire ne sera pas au rendez-vous. Azam joua son rôle de harpie bourdivine-gauchiste en défendant les chercheurs du public qui ne gagneraient que 3000€ (trois fois le Smic et sécurité de l’emploi aurait-elle du rajouter si elle était un tant soit peu honnête) alors que Jacques De Guenin déplorait le manque de lien entre les organismes de recherches (CNRS entre autres) et les Universités en prenant l’exmple des USA.
Il y’eut ensuite deux questions du public une sur surla recherche et une autre sur les délocalisations et un bilan du débat. Nous fûmes conviés à un pot de l’amitié. Je peux ainsi m’entretenir un peu avec Jacques De Guenin à propos de LC, il nous a félicité pour nos succès et encouragé pour nos actions futures soulignant l’importance du combat que nous devions mener. J’ai apprécié le fait qu’il me parle presque comme à un ami , un proche.. il faut avouer qu’il connaissait tous les autres membres de LC depuis longtemps, c’était donc en quelques sortes la famille qui s’agrandit.

grosso modo les conclusions que J´en ai tiré
1) les alters ne proposent rien du tout à part taxer et interdire..
2) les délocalisations sont une solutions, le choix des niches en est une autre mais moins pérenne car les pays où l´on délocalise accèderont bientôt à nos technologies ( enfin quelques dizaines d´années)
3) que pour rester compétitif il faut baisser les charges, rendre moins pesant les textes et réorganiser notre recherche
Simon Aubert,
Liberté Chérie Toulouse

bon les photos promises ne seront pas là .. désolé

Genevieve Azam
Jacques de Guenin
Et oui.. je suis la masse moutonne des jeunes à s'exprimer sur le net par ce moyen aisé au lieu de faire un site.. ou plutot après avoir essayé de réaliser un site. Plutôt que de perdre du temps à me battre avec du code, j'ai preféré privilégié le contenu plutôt que le contenant.
J' espère que vous ne m'en voudrez pas.
A travers ce blog, je compte donc publier des textes, des pamphlets, des billets d'humeur en rapport ou non avec l'actualité. Vous vous rendrez vite compte que je suis un libéral ("bouh pas bien, Salh eg0ist").

Beaucoup d'entre vous me connaissent sous le pseudo Dostix.. cette fois j'ai décidé d'assumer mes posts avec mon vrai nom, ayant passé le stade de l'ado boutonneux qui craint une intrusion de la CIA chez lui (moi je crains plus le KGB de toute façon).
Libre et libéral: blog libéral, subversif et dissident contre le Moloch socialiste